La déhydratation
La déhydratation
 

La déshydratation pendant l'exercice

 

Votre question

" Lors de ma dernière course, mon temps était largement supérieur à celui que je fais d'habitude. J'ai beaucoup transpiré, j'ai eu très soif et j'ai terminé complètement exténué ".


Quand la température ambiante est élevée et/ou quand l'humidité est forte, le corps a des difficultés à éliminer le trop-plein de chaleur produit pendant l'exercice : il doit émettre une grande quantité de sueur. Cela se traduit toujours par une diminution des aptitudes. Dans ces conditions, vous avez peu de chance de réaliser une performance.

 

Observez les causes de votre contre-performance

Notez les circonstances, la chronologie et l'environnement dans lesquels vos problèmes sont apparus :

avez-vous commencé votre course bien hydraté ?
surtout, avez-vous bu suffisamment pendant la course ?
vous êtes-vous bien acclimaté à la chaleur ?
n'étiez-vous pas trop habillé ?
que s'est-il passé pour les autres coureurs ?

La déshydratation

Une sudation abondante mal compensée pendant la course peut être la cause de votre déshydratation. Sachez que si vous perdez 1 % d'eau (diminution de votre poids corporel de 1 % environ), vous diminuez votre capacité aérobie (ou endurance maximale) de 10 %, ce qui signifie que vous mettez environ 10 % de temps en plus à boucler votre parcours. Au-delà d'une perte d'eau de 4 % (perte de 3 kg pour un homme de 70 kg), le danger est important. Identifiez-vous dans le tableau suivant :

Perte de poids corporel

Baisse de capacité aérobie

Symptômes

1%

10%

vous avez soif
la température de votre corps augmente et votre performance diminue

2%

20%

vous avez très soif
vous n'avez pas d'appétit

3%

30%

votre bouche est sèche
votre sang est plus concentré (plus épais)
votre envie d'uriner est diminuée

4%

40%

vous êtes fatigué
vous avez les jambes lourdes
vous êtes essoufflé

5%

50%

vous avez du mal à vous concentrer
vous avez des maux de tête
vous êtes très énervé

6%

60%

votre température corporelle augmente anormalement
vous avez des problèmes de vue et d'équilibre
vous avez des picotements et des engourdissements aux extrémités des membres

7%

70%

c'est le "coup de chaleur"
vous perdez connaissance et/ou vous tombez dans le coma

Le mécanisme est le suivant : votre volume sanguin diminue et votre cœur éjecte moins de sang à chaque contraction. Ainsi, votre consommation maximale d'oxygène (VO2max) diminue. A la même vitesse de course, vous êtes à un pourcentage plus élevé de VO2max et vous gaspillez votre glycogène. Epuisé plus rapidement, vous terminez mal, le fameux "mur" du marathon est passé et vous terminez en n'ayant plus que vos seules graisses du tissu adipeux à consommer. L'intensité d'exercice passe de 80-90% de la consommation maximale d'oxygène à 40-50 %.

 

S'hydrater régulièrement : la règle à retenir.

Par forte chaleur, n'attendez pas de performance. Cependant, vous pouvez "limiter les dégâts" de la façon suivante.

Avant la course :
hydratez-vous suffisamment.

Pendant la course :
prévoyez une vitesse légèrement inférieure à votre vitesse habituelle ;
recherchez des endroits à l'ombre, ventilés de préférence ;
évitez les vêtements trop serrés, trop chauds ou non respirants ;
réhydratez-vous correctement à chaque ravitaillement ;
pensez à vous peser avant et après la course : cela vous donnera une idée de votre débit sudoral dans différentes conditions. Evaluez vos besoins en calculant les apports hydriques souhaitables pendant l'épreuve, mais aussi après. Buvez 0,6 (si vous êtes essoufflé) à 1,2 l/h (si vous êtes peu essoufflé) ;
buvez un à deux verres (150 ml si vous êtes essoufflé à 300 ml si vous l'êtes peu) toutes les 15 minutes ;
préférez l'eau pour les exercices de courte durée ou les efforts longs de faible intensité. Pour les efforts longs et intenses, consommez plutôt une boisson de l'effort d'apport glucidique
isotonique, contenant environ 50 g/l de glucides, et si possible des sels minéraux et des oligo-éléments.


Conclusion

 

Si vous avez soif pendant votre course, attention : c'est mauvais signe. Il y a de fortes chances pour que vous commenciez à vous déshydrater. N'oubliez pas de boire avant d'avoir soif, par petites gorgées et régulièrement avant et pendant l'exercice, mais aussi après celui-ci.

 

 

La chaleur produite au cours de l'effort peut augmenter votre température corporelle de 1 °C toutes les trois minutes. Votre corps possède un système qui permet de la réguler en-dessous de 40 °C, même si on a observé chez certains sportifs, après un coup de chaleur, une température de 44°C.

C'est la sueur qui joue le rôle de système de refroidissement, en évacuant l'excès de chaleur du corps (un litre de sueur représente une énergie de 580 kcal). Cette régulation dépend de votre entraînement physique et de vos capacités d'acclimatation à la chaleur.

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Melin B. : "Apports nutritionnels conseillés en eau pour les sportifs"
in "Apports nutritionnels conseillés pour la population française"
(dir. Pr A.Martin), coll. "Tec et Doc", Lavoisier Ed. 2001.

Dr Gilbert PERES, David RAVASSAT